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Action citoyenne de porteurs d’eau à Céret le 10 juin 2014

jeudi 12 juin 2014

Déclaration publique de l’association des Usagers de l’Eau des Pyrénées Orientales suite à la coupure d’eau effectuée chez Monsieur et Madame Prud’homme et à la profonde colère qui les anime face au vide politique dans la gestion du premier des biens communs : l’ EAU.

"Durant de nombreuses années les usagers du service de l’assainissement public du quartier des Tins (rue Costète, rue des Tins, partiellement rue de la République, et impasse du docteur Cortade ) ont payé la part assainissement sur leur facture d’eau pour un service non rendu. Leurs eaux usées se déversant depuis belle lurette dans le Tins pour la majorité d’entre eux et pour une dizaine d’habitants étaient collectées dans une fosses septique fuyarde qui se déversait elle aussi dans le Tins. Au cours des différents épisodes de la lutte, nous apprendrons que la dernière vidange effectuée par le délégataire remontait à sept ans. Nos photos prises sur les lieux témoignent : on peut y voir une fosse septique totalement colmatée par les matières et totalement obsolète. Quand l’affaire fût dénoncée, portée par des usagers riverains du Tins, excédés par les odeurs insupportables et les canalisations défectueuses du réseau de collecte, VEOLIA s’est empressé de prendre les devants en promettant un dédommagement financier.Celui-ci est finalement arrivé avec la somme octroyée de 26,90 €. Cela relève davantage d’ un mépris sans limite que du dédommagement sur l’absence de réseau depuis des dizaine d’années. Le risque d’atteinte à la santé publique auquel s’ajoute la pollution de la ressource eau, la dégradation du milieu naturel furent une évidence constatée durant des années sans que cela n’émeuve la collectivité locale de Céret et le délégataire. C’est seulement sous la pression des actions des usagers et de l’association qui les représente que les travaux ont finalement été engagés. Mais à aucun moment, la Mairie n’a établi une communication directe et reconnu sa responsabilité. Cette histoire révèle, une fois encore, que déléguer un service public ne signifie pas l’abandonner. Confier en sous-traitance un service public nécessite de  connaître ce que l’on délègue et de se donner les moyens de contrôle afin de vérifier si la mission est conforme aux directives émises. Mais la gestion actuelle semble encore être un exemple de la confusion des genres puisque le conseiller en charge de la question assainissement de la commune n’est autre qu’un ancien salarié de l’entreprise en charge du service public délégué. Comment ne pourrait-on pas y voir là un fort risque pour le moins de complaisance. La gestion de l’eau et de l’assainissement dans la vallée est entre les mains de VEOLIA depuis 73 ans sans interruption. En 2007, une mobilisation citoyenne sans précédent des usagers s’est déroulée en faveur d’une gestion en régie publique. Les élus n’ont pas pris en compte la prise de conscience des citoyens pour une question d’intérêt général majeure.Depuis, aucune politique volontaire n’a été engagée face à une gestion à minima bricolée au jour le jour qui fait les jours heureux depuis trop longtemps d’un délégataire qui impose sa loi. Nous sommes à la veille d’une nouvelle échéance de fin de contrat de gestion de l’eau potable en juin 2015. Nos élus n’ont plus le choix pour agir au regard de l’endettement du syndicat intercommunal. La seule marge de manoeuvre financière qui leur reste afin de réaliser les investissements nécessaires pour réduire les fuites et renouveler le réseau réside dans la prise de décision d’une gestion en régie publique authentique. Tout récemment, la ville de Montpellier a opté pour la régie publique du service de l’eau. VEOLIA a tenté dans un ultime baroud de soudoyer les usagers et les élus en proposant une baisse du prix de la facture de l’eau de 50% !  Ici, en 2007, VEOLIA a concédé une baisse de ses tarifs de 35% ce qui en dit long sur la manne financière que s’octroie le délégataire. Sous l’effet des luttes citoyennes en France, les bénéfices des multinationales de l’eau ont été écornés. Aujourd’hui, afin de ne pas altérer les dividendes à deux chiffres de ses actionnaires, VEOLIA se prépare à licencier près de 2000 de ses salariés. Les usagers-citoyens courageux comme Monsieur et Madame Prud’homme ont raison de se révolter et nous leur accordons tout notre soutien. VEOLIA affiche là son mépris des usagers et nos élus ne sont pas là pour les protéger. L’argumentation des élus pour continuer comme avant va être difficilement tenable. Nos élus ont l’urgente obligation d’entrer en compétence afin de définir une politique de gestion de l’eau cohérente, pérenne, arrêter des objectifs, face à ceux-ci mettre en face les moyens adéquats et associer les usagers à cet effort public dans l’esprit d’une démocratie vivante. Tout cela n’a que trop duré !"

Pour l’association des Usagers de l’ Eau des Pyrénées Orientales, le Président, Dominique BONNARD

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